WWW.GNESG.COM

__________________________________

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

A quoi ressemble le parc automobile mondial ?

Grégory Launay - 26 décembre 2009 - Dernière mise à jour : 12 mai 2012


Pour évaluer le poids de l’automobile dans le bilan énergétique et climatique mondial il est d’abord nécessaire de dessiner les contours du parc actuel.


Que doit-on compter ?

Tout d’abord entendons nous bien par ce que l’on appelle une automobile. Ce terme doit s’entendre comme « produit manufacturé qui fait gagner de l’argent aux constructeurs automobiles » et regroupe en fait deux catégories de véhicules :

  • les véhicules particuliers (le mien, le vôtre si vous en avez un)
  • les véhicules utilitaires légers (celui de votre plombier, de votre maraîcher ou celui que vous louez pour un déménagement)

Il est important d’inclure la catégorie des véhicules utilitaires légers car aux Etats-Unis ce sont les véhicules les plus vendus aux … particuliers (les Pick-up sont classés dans cette catégorie). On exclu les véhicules de transport de marchandises (toutes les tailles de poids lourds) et collectifs comme les autocars.


Combien y a-t-il de voitures en circulation ?

On trouve dans les littératures différentes estimations du parc automobile mondial. On voit ici par exemple le taux d’équipement de la population (en nombre de véhicules pour 1000 habitants) pour les pays de l’union européenne et les principaux grands marchés.

Taux d’équipement en véhicules pour 1000 habitants - Source : ACEA, chiffres 2006

On peut observer que :

  • les Etats-Unis ont quasiment un véhicule pour un habitant (776 pour 1000)
  • la Chine en est encore à un taux d’équipement ridiculement faible (26 pour 1000)
  • la Corée du sud, considérée à présent comme un pays développé, est loin d’avoir terminé sa phase d’équipement (237 pour 1000)
  • il y a des écarts importants entres des pays de niveau de richesse comparable (environ 800 pour 1000 aux Etats-Unis contre 540 au Japon)

Il semble logique qu’au delà du niveau de richesse, la culture et la géographie ont une influence importante sur le niveau d’équipement. On n’envisage pas le transport de la même façon lorsque l’on a une densité de 30 habitants au km2 ou de 300. L’urbanisme, la place du transport et les consommations énergétiques qui en découlent ne sont évidemment pas les mêmes …

Revenons à notre sujet. On peut donc déduire de ces chiffres une bonne estimation du parc automobile sur les différents marchés :

Estimation des principaux parcs de véhicules en circulation - Sources : ACEA ; Eurostat, compilation de l’auteur, chiffres 2006

Au total le parc mondial dépasse les 900 millions de véhicules et avoisine très probablement le milliard avec en gros 700 millions de véhicules particuliers et près de 300 millions de véhicules utilitaires légers.

Les chiffres pour la France donnent un parc à environ 38 millions de véhicules répartis en 30 millions de véhicules particuliers et 8 millions de véhicules utilitaires légers.


Quelle est la croissance annuelle de ce parc automobile ?

Les chiffres de ventes de voitures neuves sont bien connus, nous sommes actuellement aux environs 70 millions de voitures par an (et plus de 2,4 milliards en cumulé, voir ici). Mais pour connaitre la vitesse de croissance du parc il faut également connaitre le nombre de véhicules qui sortent du parc tout les ans. Et là c’est un peu plus difficile.

Pour les marchés matures (Europe de l’ouest, Japon, Etats-Unis) ou le parc progresse très lentement, le nombre de véhicules mis à la casse approche le chiffre des véhicules neufs vendus soit près de 5% de la taille du parc. Voici les statistiques pour les Etats-Unis :

Nombre de véhicules vendus et mis à casse au Etats-Unis de 1991 à 2009 – Source : National Automobile Dealers Association, Janvier 2010

C’est donc environ 12 millions de véhicule qui sortent du parc Américain tout les ans (soit prés de 5% de son parc de 250 millions). Dans l’Union Européenne le chiffre serait de 8 à 9 millions de véhicules (chiffre de la commission européen) à comparé au 16 à 18 millions de véhicules vendus. Pour la France enfin, l’ADEME donne le chiffre de 1,5 millions (Arcelor donne 2 millions) pour un niveau de ventes qui est aux environs de 2 millions de véhicules.

Les chiffres que l’on trouve pour l’ensemble de la planète (pas de source fiable) donnent autour des 35 millions de véhicules par an soit environ la moitié de la production annuelle. Cela semble un ordre de grandeur raisonnable. Le parc automobile mondial est donc en croissance de 30 à 40 millions de véhicules par an.


Quel est la consommation moyenne du parc automobile ?

Voici les chiffres provenant du Comité des Constructeurs Français Automobile donnés en litre équivalent essence :


Evolution de la consommation moyenne des véhicules particuliers - Source : CCFA

Ce graphique montre à quel point l’Amérique du Nord est décalée par rapport au reste du monde et, par la même, les bienfaits des taxes !

Cela donne en moyenne mondiale une consommation de 9 litres au 100 km (soit environ 225 grammes de CO2 par km). Les Etats-Unis sont le très mauvais élève avec 11 litres au 100 km (soit 260 grammes de CO2 par km). La France est dans le peloton de tête avec une moyenne à 7 litres au 100 km (soit 175 grammes de CO2 par km).

Ces chiffres sont critiquables à deux titres :

  • tout d’abord ils prennent en compte uniquement les consommations des véhicules particuliers et laissent de côté les véhicules utilitaires légers (notamment les pick-up américains)
  • ils s’arrêtent à 2002 et même si les graphiques semblent s’orienter vers une stagnation, les consommations des véhicules neufs sont reparties à la baisse de manière significative depuis 2005

Bref ces chiffres sont critiquables mais donnent un ordre de grandeur plus que significatif. Des chiffres plus récents donnés par l’Agence Internationale de l’Energie confirment cet ordre de grandeur.

Emissions moyennes de CO2 par kilomètre des véhicules particuliers sur les principaux marchés en 2007 – Source : AIE, Octobre 2009

La moyenne mondiale pour les véhicules particuliers y est de 205 grammes de CO2 par km (soit un peu plus de 8 litres au 100 km). La moyenne retenue de 225 grammes de CO2 par km pour l’ensemble des véhicules particuliers et utilitaire légers parait donc tout à fait réaliste.


Quelle est la distance moyenne parcourue ?

Voici celles recueillies sur la base de données européenne Eurostat :

Distance annuelle moyenne parcourue par un véhicule - Source : Eurostat, NHTS (National Household Travel Survey), chiffres 2004

On remarque encore ici une nette différence entre les Etats-Unis et le Japon, deux pays au niveau de développement économique si proche mais aux cultures et aux géographies si éloignées. La moyenne est d’environ 15000 km par an (ligne rouge).


Quel serait le véhicule moyen mondial ?

Il y a bien évidemment autant de sortes de voitures que les constructeurs automobiles l’imaginent nécessaire pour « leurs clients » mais on peut tout de même regrouper ces données en parlant d’un véhicule mondial moyen qui aurait les caractéristiques suivantes :

  • consommation : 9 L / 100 km (en litre équivalent essence)
  • émissions de CO2 : 225 g / km
  • distance parcourue annuellement : 15.000 km
  • nombre sur terre : 1.000.000.000

Cela permet simplement de se faire une idée d’où en est le parc aujourd’hui, de simplifier les calculs et d’éclairer les raisonnements.


Combien d’énergie pour se déplacer ?

Conservons ce véhicule moyen et terminons par un petit calcul. Un litre d’essence contient environ 10 kWh (lire « kilowatt heure »), soit l’équivalent énergétique de 100 ampoules de 100 watts allumées pendant une heure.

Mon véhicule moyen qui consomme 9 litres au 100 km nécessite donc 0,09 litre soit 0,9 kWh pour faire un kilomètre. Pour chaque kilomètre effectué sur terre en voiture il faut donc fournir en moyenne 900 Wh. En prenant en compte les rendements des véhicules (inférieurs à 20%, prenons 18%) l’énergie réellement utilisée est de 160 Wh par kilomètre. Voici une bonne référence pour évaluer les performances des technologies alternatives.